D o c u m e n t s ,     A r t i c l e s ,     R a p p o r t s ....




Apercu sur l'art de sonner

Sommaire

Principe
Trois règles.
Position du sonneur.
Émission du son.
Contrôle du son.
Sonner.

Manière de sonner.
Interprétation.
Ton simple.
Ton de vénerie.
Brisé.
Roulé.

Application.
Etude méthodique.
Interprétation.
Les Fanfares.
Défauts à éviter.




Principe
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                « La trompe est une cloche dont la langue du sonneur est le battant animé ».                   

                   Ce frontispice devrait avoir sa place dans tous les cercles de trompe de chasse et devenir la devise de tout sonneur.  L'on ne " joue " pas, mais l'on " sonne " de la trompe . Cet axiome dicte trois règles d’expérience pratique.

Trois règles
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                        1. L’attaque doit toujours être éclatante à la manière d'une explosion, déterminant un son plein, pur, sans bavure, les lèvres vibrant toutes seules une fois le coup donné .  

   2. L’embouchure, de diamètre 1 où 1 ½ à bord fin, couvrira le moins possible de lèvre supérieure, le plus possible de lèvre inférieure, la bouche reste entrouverte pour permettre le libre jeu de la langue.         

   
3.
L'attaque ayant éclaté, suivant les exigences énoncées, le sonneur doit conserver minutieusement la position adoptée; les lèvres qui ont été envoyées vigoureusement dans l’embouchure, en prennent l'empreinte et les bourrelets musculaires ainsi formés vibreront sans effort .                 

                   Le maxillaire conservera sa liberté, condition de sa souplesse et de sa résistance. 

Position du sonneur.
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                   L'élève se tient bien droit, d'aplomb, la poitrine bien dégagée, de manière à utiliser la pleine capacité de ses poumons; la trompe prise légèrement sans crispation, dans la main droite, le plus loin possible du tenon-avant, le pouce allongé le long du tube interne, en direction de l'embouchure.  L’instrument bien équilibré est plutôt maintenu qu’appuyé sur la lèvre supérieure.  
Il faut aussi, sans déplacer le tube d’embouchure, pouvoir relever ou abaisser l'instrument, pour faciliter l'émission des notes aigües.  Gonfler les joues, balancer le corps, se courber, sont les défauts à prescrire. Toute l'énergie se concentre dans la fermeté des muscles maxillaires et dans la netteté et la nervosité du coup de langue.

Émission du son.
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                    Elle s'obtient par le prononcer net et vigoureux de la syllabe "Tu"; la fine pointe de la langue étant engagée bien en avant et en contact avec la partie interne de la lèvre supérieure; retirer alors brusquement la langue après avoir emmagasiné de l'air par une profonde aspiration.  
C'est ce coup de  (ou mieux ce retrait) de langue qui marquera 1'explosion du son produit lui-même par la vibration des deux lèvres.

  Contrôle du son.
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                   Émis suivant cette manière, le son doit se soutenir par l’épuisement naturel des poumons, sans pousser, tel un soufflet de forge qui se vide ;c’est le secret d’un son pur, sans fatigue pour la poitrine. 
La lèvre supérieure est étirée sur les dents, par le rictus des joues bien remontées. La lèvre inférieure, plus active et plus engagée est épanouie en cul-de-poule.

Sonner.
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                    Les notes qui suivent l'attaque sont obtenues par le pincement ou le desserrement des lèvres (notes hautes ou basses) ; néanmoins, toutes sont marquées d’un coup de langue ; sur la trompe pas de note sans coup de langue, en d'autres termes les coulés sont bannis de l’instrument.

Manière de sonner.
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                   Dans la musique de pure fantaisie, toute note est exécutée par coups de langue successifs, identiques au premier ; ce ton est suffisant, c’est l’enfance de l’art. 
                  
L’élève s’appliquera à sonner clair, très léger, très détaché.    La pureté du son sans sécheresse comme sans effort, avec des coups de langues rapides et légers suivant les exigences de la mesure, donnera un coup de trompe toujours plaisant. 

La musique de chasse, au contraire, exécutée d’après les règles traditionnelles nécessitera une articulation, une diction à ce point subtile, que certains n’y sont parvenus de leur vie et que nos professeurs de conservatoire seraient bien en peine d’enseigner.

                   La beauté du timbre est cependant à ce prix ; nous y reviendrons plus loin.  

Interprétation.
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                   A la base de l’interprétation de la musique de chasse, nous trouvons cette autre observation que la vénerie ignore, sauf très rares exceptions, les noires et les noires pointées.

                   Écrite presque intégralement en 6/8, à la cadence d’un cheval au galop, cette musique veut que les noires soient doublées en deux croches, approximativement et que les noires pointées soient triplées en trois croches, étant entendu que la première croche est toujours plus frappée que la ou les suivantes. 

                   Négligeant les nuances et les divergences des auteurs, nous définirons le doublé de la noire « brisé »,   et le redoublement de la noire pointée, le vrai « roulé ».

Ton simple.
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                   Il suit de là que l'élève qui exécutera les fanfares de chasse en doublant ou triplant (tu-tu ou -tu-tu-tu) restera néanmoins dans le ton simple; mais dans la bonne cadence ce sera l'acheminement vers le ton de vénerie ou « taïaut ».

                   Ce qui lui manquera, ce sera le mécanisme, c’est-à-dire l'articulation spéciale au taïaut. La supériorité de ce ton, qui est le secret de la puissance et du timbre incomparable, à la fois métallique et assourdi ne rencontrent plus d’incrédule aujourd’hui.

Ton de vénerie.
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                   Il consiste donc essentiellement dans la différence mécanique de la langue, frappant à volonté des notes piquées en « tu » et des notes roulées ou taïautées  (tu-lu-tu-ltu, tu-ru, tu-zu) suivant les auteurs et la conformité physiologique de chacun.

                   D'une façon toute générale, pouvoir à volonté donner des sons piqués et des tons roulés, c'est taïauter.

                   La pratique a démontré qu'il fallait étudier séparément la note piquée suivie de deux roulés ; c'est pourquoi, nous avons distingué plus haut « brisé » et « roulé »

Brisé.
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                   Ce battement est le moins commode à pratiquer.A l’émission « Tu », le sonneur fera succéder le plus vivement possible, dans un même coup, la même note sur « Ru » : ces deux notes forment un ensemble.   Rien n’est plus facile à énoncer et plus difficile à exécuter. Le beau sonneur et le chercheur érudit qu'est M. Detourbet, dans son ouvrage (Remarques sur la trompe de chasse - Autun - Imprimerie N. Dame des Anges 1929) enseigne la méthode progressive suivante : l'élève décomposera : 

                             1ère croche      intermédiaire    2ème croche

                                     tu                     vle                   tu

                   l'ensemble est exécuté d'un seul trait, bien entendu.  Au début, l'exécutant forcera sur la syllabe intermédiaire (v1), de manière à bien sentir et obtenir la boucle de la langue et ainsi le léger haussement de ton précédant la 2ème note; une certaine rééducation du muscle lingual est nécessaire à cet effet.

                   Résultat : « tu ltu », c'est à dire une interférence de son qui constitue le « brisé ».

 

Roulé.
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                                     Le « roulé », au sens technique, s'obtiendra par les mêmes moyens en ne perdant pas de vue que ce deuxième agrément s'obtient plus commodément que le « brisé », surtout sur les notes basses et moyennes (tu - ltu - ltu).

                   D'après les connaisseurs, la 2ème croche du « brisé » doit s'exécuter plus tôt dans la mesure que les 2ème et 3ème croches du « roulé », qui se sonnent au temps.

                   Sont typiques du « brisé » : le daim, l'attaque du chevreuil, du lancer, de l'arrivée, du chevreuil de Bourgogne, le sanglier, la première et la troisième tête, etc...

                   Sont de style « doublé », l’attaque du lièvre, de la Saint-Hubert, la retraite de prise, la biche, le renard, etc... (Les connaisseurs distinguent encore « roulé » et « brisé » du taïaut proprement dit; le haussement est d'un ton pour les premiers et d'une tierce au moins pour le second).

Application
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Etude méthodique.
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                   Son : L’élève s'appliquera d'abord à frapper, à la manière de coups de cloche, des tons simples, de la valeur d'une croche pointée, sur toute l'étendue de la trompe.

                   Cette étude du son, éclatant, pur, modulé, filé, travaillé, est recommandable à tous les stades de l'école du sonneur; c'est le début obligé de toute leçon individuelle.

                   L'exercice comportera, au bout de quelques semaines, des coups de langue piqués, sur « tu », en triolets, de manière à familiariser l'élève avec le rythme de chasse (2 fois 3/8 ou 6/8)

                   Langue : L'étude du son se poursuivra parallèlement à celle du coup de langue, suivant les notions connues; toutes deux demanderont une application soutenue, un goût tenace et la présence d'un correcteur ou d'un bon écho.

                   Le débutant travaillera de préférence sur les "sol" et les "do" de la' portée; suivant ses aptitudes, il essaiera sur la formule « Tuzzu » ou « Tu uru » ou « tu-ultu-ultu » ... 

                   S'il a senti le taïaut au bout de la langue, il se confirmera dans sa découverte, tâchera de l'étendre à une autre note, contrôlera le résultat sur un bon écho, le tout sans se fatiguer et sans jamais négliger la qualité du son : l'harmonie du taïaut en dépendra.

                   Ce n'est pas la place d'établir les causes physiques du taïaut et d'en analyser les effets d'ordre musical. Le coté mécanique indispensable seul suffit. 

                   Un dernier mot : l'onomatopée si heureuse « Taïaut » pourra servir d'indication précieuse.                   
L'audition attentive des bons disques avec fanfares en solo est aussi chaudement recommandée.

Interprétation.
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                   Non moins nécessaire va être l'interprétation, c’est-à-dire le point de vue intellectuel.

                   La musique de chasse veut les temps forts (ler et 4ème note dans la mesure à 6/8), plus frappés que les autres, de manière à faire galoper la fanfare ;  quant aux temps intermédiaires, ils seront remplis soit par les croches d'agrément typiques de la vénerie (brisés et roulés), soit par les notes existant au texte même, lesquelles seront piquées ou données en technique roulée; le goût et la tradition décideront.

                   Données en style roulé, lorsqu'elles sont différentes de la note précédente, par conséquent montantes ou descendantes, ces notes intermédiaires s'appellent généralement "brio".

                   Par exemple l'attaque de la rentrée des princes.Ici triomphera le sonneur virtuose.

Les fanfares.
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                   Il faut dissuader les débutants de les aborder prématurément.

                   Quand l'élève sera en possession d'un coup de langue différencié, à volonté, quand il aura des lèvres souples et résistantes à la fois, il pourra seulement entreprendre leur étude.

                   L'on ne saurait assez recommander de les chanter au préalable, dans le style et la cadence voulus, sur « tu » et sur « ru » suivant leur texte correct ; avant d'emboucher il faut savoir ce que l'on veut sonner et surtout comment le sonner.

                   A cet égard, l'excellent recueil de la Fédération des trompes de France sera le guide rêvé (Paris 8, Boulevard Delessert XVI).

Défauts à éviter.
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                   La lourdeur guette l'apprenti du taïaut,  au début il étouffe un peu sa trompe avec une langue trop lourde, aussi, s'efforcera-t-il de sonner lestement et ne négligera-t-il pas de recourir à la leçon des carillons, qui débarrasse des parasites.

                   Les fantaisies tolérables, d’un mouvement vif, sont à conseiller : elles contribuent à donner de la légèreté à la langue et forcent à bien détacher les tons, tandis que les carillons clarifient le timbre.

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                   Ces quelques brèves indications n'ont pu qu'effleurer notre sujet. Il faudrait encore parler des attaques en hourvari ou "arrachés", des finales joliment envoyées en ondes de cloche et coupées par un contre-ut des lèvres imperceptible, et enfin du taïaut des lèvres, dit faux taïaut et du trille, son proche parent.

                   Les parties de seconde et de basse doivent être particulièrement cadencées; la basse elle-même doit pratiquer la technique du « roulé » pour arpéger son accompagnement, véritable contre-chant, et marteler « sa pédale ».

                La Possession du taïaut n'en restera pas moins la préoccupation dominante et l'ambition tenace du vrai sonneur.

                    « Sorte d'aboiement rythmé, harmonieux déchirement de voix », comme l'a écrit si bien l'éminent professeur Tyndare-Gruyer, il est l'épanouissement des beautés propres à la trompe et la condition même de son timbre émouvant.

                   Le Sonneur Belge n'oubliera pas aussi que la diction molle et la voix sourde de beaucoup de nos compatriotes les mettent en état d'infériorité ; il réagira en sonnant sur les dents et en piquant, le plus haut et le plus extérieurement possible dans l'embouchure .

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